20.03.2008
La lecture angoissée...
LA LECTURE ANGOISSEE
OU LA MORT DU CORRECTEUR
(Extraits)
Sophie Brissaud
La correction est plus qu’un métier : c’est une névrose. Cette névrose est un sacrifice librement consenti par le correcteur, un don qu’il fait de son âme à la santé de l’édition. Il s’est offert pour toujours à la déesse Langue française, et une fois qu’il possédera son métier il ne sera plus jamais normal. Il est passé jusqu’à sa mort dans un monde qu’il partage avec les éboueurs, les gens de ménage (qui sont en général beaucoup mieux considérés que lui par la société humaine), les Intouchables. Oui, il peut avoir dix sur dix en dictée, celle de Pivot (qui est d’ailleurs rédigée par des correcteurs) lui arrache tout au plus un pouffement, mais l’important n’est pas ce qu’il sait : c’est ce qu’il est conscient de ne pas savoir, ou tout au moins de ne pas savoir tout à fait, ce qui demande vérification, ce sur quoi il veille en permanence — en tâche de fond pourrait-on dire.
Le vrai correcteur ne fait pas que traquer la faute. Il tombe dessus par hasard (et reçoit instantanément des regards noirs s’il y a des témoins). Le vrai correcteur ne sait rien et doute de tout.
Le correcteur ne lit pas. Il photographie visuellement le mot et identifie une coquille quand son cerveau lui renvoie de façon presque subliminale que « quelque chose ne va pas ». Le correcteur ne lit pas comme tout le monde. L’exercice de son métier peut être décrit, très justement, comme une lecture angoissée.
C’est justement pour éviter à tout le reste du genre humain cette « lecture angoissée » qu’il s’en charge. Il ne vit que pour déculpabiliser les autres. Combien d’auteurs, lorsque j’étais chef-correctrice pour un grand éditeur parisien, ai-je vus entrer dans mon bureau et me dire piteusement : « Je vous prie de ne pas faire attention à mes fautes, je leur répondais, d’abord je suis ici justement pour y faire attention, et ensuite je vous prie, moi, de ne plus faire attention à vos fautes. Cessez de vous en faire pour vos fautes. C’est humain. Vous avez le droit de faire des fautes. Il n’y a aucun mal à cela. Nous sommes là pour ça. Chacun son métier. »
Le vrai correcteur ne fait pas que traquer la faute. Il tombe dessus par hasard (et reçoit instantanément des regards noirs s’il y a des témoins). Le vrai correcteur ne sait rien et doute de tout.
Le correcteur ne lit pas. Il photographie visuellement le mot et identifie une coquille quand son cerveau lui renvoie de façon presque subliminale que « quelque chose ne va pas ». Le correcteur ne lit pas comme tout le monde. L’exercice de son métier peut être décrit, très justement, comme une lecture angoissée.
C’est justement pour éviter à tout le reste du genre humain cette « lecture angoissée » qu’il s’en charge. Il ne vit que pour déculpabiliser les autres. Combien d’auteurs, lorsque j’étais chef-correctrice pour un grand éditeur parisien, ai-je vus entrer dans mon bureau et me dire piteusement : « Je vous prie de ne pas faire attention à mes fautes, je leur répondais, d’abord je suis ici justement pour y faire attention, et ensuite je vous prie, moi, de ne plus faire attention à vos fautes. Cessez de vous en faire pour vos fautes. C’est humain. Vous avez le droit de faire des fautes. Il n’y a aucun mal à cela. Nous sommes là pour ça. Chacun son métier. »
14:00 Publié dans Paroles de correcteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : correcteurs, imprimerie, édition, presse, livre
Signes typographiques
03:11 Publié dans Le langage des correcteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : correcteurs, imprimerie, édition, presse, livre
Rien ne va plus dans la phrase...
RIEN NE VA PLUS DANS LA PHRASE...
Rien ne va jamais assez vite, le temps presse, la production d’écrits submerge ne serait-ce que la possibilité de nous les approprier. Il fut un temps où l’on disait, « les écrits restent ». Les correcteurs se hâtaient lentement à vérifier, équilibrer l’espace du texte, ils ne trouvaient pas la faute, ils la cherchaient, chaque texte était passé au crible de l’œil impitoyable du chasseur de coquilles, du méticuleux redresseur de participe passé privé d’accord, de l’insistante anacoluthe.
Mais qui suis-je pour m'exprimer ainsi ? Justement un correcteur convaincu de la nécessité d’apporter à l’écrit la part de rigueur orthotypographique que l’on ne peut dissocier du sens qu’il induit. Un mauvais accord et la phrase se délite en un galimatias de vocables ajoutés les uns aux autres, une tache indélébile qui jure à l’œil, une discordance qui déchire le texte.
Mais alors Alde Manucce, du nom de cet imprimeur italien de la Renaissance, inventeur de la lettre aldine, nous revient du passé ? Non, rien de cela, en dehors de cet héritage que je revendique, celui d’apporter le plus grand soin à l’imprimé, de tendre vers la perfection. Aujourd’hui, je mets à votre service mes compétences de professionnel de l’imprimerie et de l’édition.
Je suis prêt à recevoir vos textes, les corriger, vous apporter tous les conseils que vous souhaitez pour mettre en valeur vos écrits, aller toujours au plus près de la juste expression.
N’hésitez pas à me solliciter, je vous présenterai les devis adaptés à votre demande en vous offrant un suivi de vos travaux jusqu’à l’impression.
Mais qui suis-je pour m'exprimer ainsi ? Justement un correcteur convaincu de la nécessité d’apporter à l’écrit la part de rigueur orthotypographique que l’on ne peut dissocier du sens qu’il induit. Un mauvais accord et la phrase se délite en un galimatias de vocables ajoutés les uns aux autres, une tache indélébile qui jure à l’œil, une discordance qui déchire le texte.
Mais alors Alde Manucce, du nom de cet imprimeur italien de la Renaissance, inventeur de la lettre aldine, nous revient du passé ? Non, rien de cela, en dehors de cet héritage que je revendique, celui d’apporter le plus grand soin à l’imprimé, de tendre vers la perfection. Aujourd’hui, je mets à votre service mes compétences de professionnel de l’imprimerie et de l’édition.
Je suis prêt à recevoir vos textes, les corriger, vous apporter tous les conseils que vous souhaitez pour mettre en valeur vos écrits, aller toujours au plus près de la juste expression.
N’hésitez pas à me solliciter, je vous présenterai les devis adaptés à votre demande en vous offrant un suivi de vos travaux jusqu’à l’impression.
Patrice Corbin
01:24 Publié dans Qui suis-je ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : correcteur, édition, presse, imprimerie, livre
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